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Agents IA · Guides pratiques

Avant de confier une mission à un agent IA, écrivez sa fiche de poste

Objectif, ressources, décisions autorisées et points de validation : une fiche de mission concrète pour déléguer la préparation d’une formation à un agent IA.

« Prépare ma prochaine formation. » La demande paraît simple. Pourtant, elle contient une quantité de décisions implicites : quels documents consulter, quel niveau viser, quelles informations considérer comme fiables, et jusqu’où aller sans validation ?

Avant de choisir un outil, je trouve utile de poser une question : que peut-il décider sans moi ?

Décrire la délégation

Dans la distinction proposée par Anthropic, un workflow suit un parcours prédéfini, tandis qu’un agent peut choisir dynamiquement ses étapes et ses outils. L’article souligne aussi l’intérêt des points de contrôle, du retour humain en cas de blocage et des conditions d’arrêt.

Cette souplesse change la manière de formuler une mission. Si le chemin n’est pas entièrement écrit à l’avance, il faut préciser le résultat attendu et les décisions qui restent entre les mains d’une personne. Je trouve donc plus utile de commencer par une fiche de mission que par une liste de fonctionnalités.

Prenons un agent chargé de préparer une session. Il pourrait consulter un dossier dédié, relever les informations manquantes et proposer un programme. En revanche, envoyer une proposition au client ou modifier les documents de référence resterait soumis à validation.

Une fiche de mission à adapter

Prenons un cas fictif : préparer une initiation de trois heures à l’IA générative, destinée à une équipe débutante. Voici la fiche de mission que je proposerais pour cet exercice.

  • Objectif : proposer un déroulé de formation adapté aux besoins exprimés dans le brief, avec des activités permettant de vérifier les acquis.
  • Ressources accessibles : le brief validé, un questionnaire anonymisé et les supports pédagogiques placés dans un dossier dédié. Les documents sont consultables en lecture seule.
  • Livrables : un programme minuté, deux propositions d’exercices, la liste des sources utilisées et les questions restant à trancher. Les nouveaux fichiers sont enregistrés dans un espace de brouillons distinct.
  • Décisions autorisées : regrouper les besoins similaires, proposer l’ordre des séquences et comparer plusieurs exercices en expliquant les critères retenus.
  • Actions interdites : contacter le client, modifier ou supprimer les références, accéder à d’autres dossiers, acheter un service ou engager une dépense.
  • Validations nécessaires : le formateur approuve les objectifs, les outils retenus et le programme avant tout envoi ou utilisation en session.
  • Conditions d’arrêt : signaler un document inaccessible, une contradiction bloquante ou une information indispensable absente. Demander un arbitrage avant de poursuivre la partie concernée.
  • Critères de réussite : les séquences totalisent trois heures, chaque activité sert un objectif identifié et les hypothèses sont séparées des informations confirmées.

Cette fiche doit aussi se traduire dans les accès réellement accordés à l’agent. Écrire « lecture seule » dans une consigne ne remplace pas le réglage des permissions du dossier. De même, l’envoi d’un message doit dépendre d’une validation effective si cette décision reste réservée au formateur.

Tester la mission sur un dossier imparfait

Pour mettre ce cadre à l’épreuve, on peut préparer un dossier de test contenant deux durées contradictoires : trois heures dans le brief validé, une journée dans un ancien support. On peut aussi omettre une information utile, comme la possibilité pour les participants d’utiliser leur ordinateur.

Le comportement attendu serait de relever ces écarts, d’indiquer sur quelle référence repose la proposition et de demander la précision nécessaire pour choisir un exercice. Un programme complet construit sur une hypothèse dissimulée serait moins utile qu’un brouillon qui expose clairement son point de blocage.

Pour documenter l’essai, je conserverais la demande initiale, les ressources accessibles, les brouillons produits et les interventions humaines. Pour chaque reprise : quelle décision a été prise, pour quelle raison, et quel effet a-t-elle eu sur le résultat ? On peut également relever la durée et le coût lorsqu’ils sont disponibles. Ce journal rend les ajustements visibles.

Définir ce qu’est une mission réussie

L’enjeu n’est pas de tout verrouiller. C’est de distinguer ce qui peut être délégué de ce qui engage une responsabilité, puis d’élargir progressivement le périmètre à partir des essais.

Avant de demander à un agent d’être autonome, il faut définir ce que signifie « mission réussie ». Et ce qu’il doit faire lorsqu’il ne peut pas la réussir.

Sources & prolongements

Anthropic, Building effective agents (19 décembre 2024)

Texte préparé avec l’aide de l’IA. Les références permettent de retrouver les éléments factuels ; les exemples et les pistes de travail sont des propositions éditoriales.

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