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Hermes : comprendre l’agentique et créer ses premiers workflows IA

Comprendre la différence entre chatbot, workflow et agent, bien formuler une mission dans Hermes, connecter des outils avec MCP et garder les bons contrôles humains.

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Illustration éditoriale — Les Carnets de l’IA, par Elessar Labs.

Pourquoi parle-t-on autant d’agents IA ? Parce que les assistants ne se contentent plus de répondre à une question. Équipés d’outils, ils peuvent chercher des informations, lire des fichiers, comparer des données, produire un livrable et enchaîner plusieurs étapes pour atteindre un objectif.

La différence tient en une phrase : avec un chatbot, vous demandez une réponse ; avec un agent, vous confiez une mission.

Cette autonomie ne signifie pas qu’il faut tout déléguer. Elle oblige au contraire à mieux définir le résultat attendu, les ressources autorisées et les moments où une personne doit reprendre la main. Voyons comment le faire progressivement avec Hermes Agent.

Niveau 1 — Comprendre et utiliser Hermes

1. Qu’est-ce qu’un agent IA ?

Un agent IA associe généralement trois éléments : un modèle capable de raisonner sur une demande, des outils pour agir sur son environnement et une boucle lui permettant d’observer un résultat puis d’adapter la suite.

Prenons une recherche de marché. Un assistant classique peut proposer une méthode. Un agent équipé pour le web peut lancer les recherches, ouvrir plusieurs sources, relever leurs dates, comparer les affirmations et rédiger une synthèse.

Il faut aussi distinguer *workflow* et *agent*. Un workflow suit un parcours largement défini à l’avance : rechercher, filtrer, résumer, puis enregistrer. Un agent dispose de davantage de latitude pour choisir ses étapes et ses outils. Dans la pratique, les systèmes utiles combinent souvent les deux : un cadre stable et une autonomie limitée à l’intérieur de ce cadre.

Pour approfondir cette distinction, notre article Les agents IA, au-delà de la conversation pose les bases sans jargon.

2. Hermes, à quoi ça sert ?

Hermes Agent est un agent open source développé par Nous Research. Il fonctionne avec différents modèles et peut être utilisé depuis un terminal, une application de bureau ou des messageries comme WhatsApp, Telegram, Slack et Discord.

Son intérêt vient surtout de ses outils. Selon la configuration choisie, Hermes peut notamment :

  • rechercher et lire des pages web ;
  • analyser des fichiers et créer des documents ;
  • exécuter du code ou des commandes dans un environnement contrôlé ;
  • utiliser un navigateur ;
  • mémoriser certaines informations utiles entre les sessions ;
  • appliquer des *skills*, c’est-à-dire des méthodes de travail réutilisables ;
  • lancer des tâches planifiées ;
  • se connecter à des services externes par l’intermédiaire de MCP.

Toutes ces capacités ne sont pas activées automatiquement. Leur disponibilité dépend de l’installation, des outils autorisés et des accès configurés. Cette précision est importante : un agent ne peut pas agir sur une application simplement parce qu’on la mentionne dans une consigne. Il lui faut un outil et une permission réels.

3. Comment donner une bonne mission à Hermes

Une bonne mission ressemble davantage à un brief qu’à une phrase magique. Elle précise au minimum :

  • l’objectif : quelle question faut-il résoudre ?
  • le périmètre : quels pays, documents, dates ou catégories couvrir ?
  • les sources : lesquelles privilégier ou exclure ?
  • le livrable : note, tableau, présentation, fichier ou brouillon ?
  • les critères de réussite : longueur, fraîcheur, niveau de preuve, format ;
  • les limites : quelles actions sont interdites ?
  • les validations : à quel moment faut-il demander un accord ?

Par exemple, « Analyse mes concurrents » reste trop vague. Une mission plus exploitable serait :

Identifie cinq concurrents français de notre logiciel à partir de leurs sites officiels. Compare leur cible, leur promesse, leurs fonctionnalités et leurs prix affichés au 23 septembre 2026. Cite chaque source et signale les informations absentes. Prépare un tableau comparatif, puis une synthèse de 300 mots. Ne contacte aucune entreprise et n’envoie rien sans validation.

On définit ainsi une arrivée observable, sans imposer chaque clic. C’est le principe développé dans notre fiche de mission pour un agent IA.

4. Premier exemple simple : préparer une note de marché

Imaginons que Marie, responsable commerciale, souhaite comprendre un nouveau secteur avant un rendez-vous.

Elle peut confier à Hermes cette mission :

Recherche les cinq annonces les plus importantes publiées depuis trente jours sur le marché français de la cybersécurité des PME. Privilégie les communiqués des entreprises, les autorités publiques et les études originales. Pour chaque annonce, indique la date, la source, le fait principal et son intérêt commercial. Termine par trois questions à poser en rendez-vous. Enregistre le résultat dans un document intitulé « Brief cybersécurité PME ». Signale toute information impossible à vérifier.

Hermes peut alors enchaîner quatre opérations :

  1. Recherche : trouver plusieurs sources et éliminer les contenus trop anciens ou hors sujet.
  2. Analyse : distinguer une annonce commerciale, une donnée publique et une interprétation journalistique.
  3. Synthèse : sélectionner les informations qui répondent réellement à la mission.
  4. Livrable : produire une note structurée ou un tableau avec les liens et les dates.

Le résultat doit ensuite être relu. Marie vérifie notamment que les sources existent, que les dates correspondent aux annonces et que les conclusions ne dépassent pas les faits observés.

5. Les erreurs à éviter

La première erreur est la mission trop vague. « Fais une veille complète » ne dit ni ce qui est important, ni quand s’arrêter. L’agent risque de produire beaucoup de texte sans répondre au besoin.

La deuxième est l’absence de critères. Sans période, sources prioritaires ou format attendu, il devient difficile de juger la qualité du travail.

La troisième est la confiance aveugle. Un agent peut mal interpréter une page, confondre deux entreprises ou masquer un échec derrière une formulation assurée. Demandez-lui de citer ses sources, de séparer les faits des hypothèses et de signaler ce qu’il n’a pas pu vérifier.

Enfin, ne donnez pas plus d’accès que nécessaire. Une mission de synthèse n’a pas besoin du droit d’envoyer des e-mails ou de supprimer des fichiers.

Niveau 2 — Passer au workflow agentique

1. Décomposer une mission en plusieurs étapes

Un workflow devient utile lorsqu’une mission revient régulièrement ou implique plusieurs contrôles. Prenons un reporting commercial hebdomadaire :

  1. récupérer les données de la semaine ;
  2. vérifier les champs manquants et les doublons ;
  3. calculer les indicateurs définis ;
  4. comparer avec la période précédente ;
  5. rédiger une synthèse ;
  6. enregistrer un brouillon ;
  7. demander une validation avant diffusion.

Cette décomposition rend les erreurs plus faciles à localiser. Elle permet aussi de décider quelles étapes sont fixes et lesquelles peuvent être adaptées par l’agent.

Si cette méthode doit être répétée, elle peut être formalisée dans un *skill*. Le prompt décrit alors la mission du jour, tandis que le skill conserve la méthode, les contrôles et le format. Nous expliquons cette logique dans Les skills en IA : pour ne plus répéter les mêmes consignes.

2. Donner des outils à Hermes

Un agent devient utile lorsqu’il dispose des bons outils, pas du plus grand nombre possible.

  • Web : rechercher, ouvrir et comparer des sources publiques.
  • Fichiers : lire un dossier, extraire des données et créer un livrable.
  • Applications : intervenir dans un CRM, un gestionnaire de projet ou une messagerie grâce à une intégration autorisée.
  • Données : interroger une base ou une API interne avec un périmètre défini.

Commencez en lecture seule. Testez la qualité des résultats avant d’autoriser une écriture. Pour toute action difficile à annuler — publier, envoyer, acheter, supprimer ou modifier une donnée de référence — ajoutez une validation humaine explicite.

3. Comprendre MCP simplement

MCP signifie *Model Context Protocol*. C’est un standard qui permet à un agent de découvrir et d’utiliser les outils exposés par un serveur externe.

On peut le comparer à une prise normalisée. Au lieu de développer une connexion différente pour chaque agent, un service MCP décrit les outils qu’il propose : rechercher un document, lire une fiche client, créer une tâche ou consulter une base.

Dans Hermes, les outils fournis par un serveur MCP apparaissent aux côtés des outils intégrés. Cela ne les rend pas inoffensifs. La documentation recommande de commencer avec un seul serveur, de limiter précisément les fonctions autorisées et de n’élargir le périmètre qu’après les premiers tests.

MCP ne remplace donc ni les permissions ni la sécurité. Il standardise la connexion ; il ne décide pas qui a le droit de faire quoi.

4. Créer un premier workflow métier

Voici quatre points de départ possibles :

  • Prospection : rechercher des entreprises répondant à des critères publics, préparer une fiche par prospect et laisser la prise de contact à une personne.
  • Veille : collecter des annonces datées, éliminer les doublons, résumer les sources primaires et produire un bulletin à valider.
  • Analyse documentaire : lire un dossier délimité, relever les clauses ou chiffres demandés, citer les pages et signaler les contradictions.
  • Reporting : récupérer des données structurées, appliquer des contrôles, calculer les indicateurs et préparer un commentaire.

Pour un premier essai, choisissez une tâche fréquente, peu risquée et facile à vérifier. Exécutez-la d’abord manuellement avec Hermes. Une fois le résultat stable, formalisez la méthode dans un skill ou une routine planifiée.

N’automatisez pas immédiatement la diffusion. Un workflow qui prépare un rapport chaque lundi peut l’enregistrer dans un espace de brouillons ; une personne le valide avant son envoi. L’autonomie peut être élargie plus tard si les essais montrent que les contrôles fonctionnent.

5. Superviser l’agent

La supervision ne consiste pas à relire chaque mot indéfiniment. Elle consiste à placer les bons contrôles aux bons endroits.

Avant l’exécution, limitez les accès et définissez les règles. Pendant la mission, demandez à l’agent de s’arrêter en cas de source inaccessible, d’instruction contradictoire ou de donnée indispensable absente. Après l’exécution, vérifiez un échantillon de sources, le respect du format et les actions réellement réalisées.

Conservez aussi une trace des entrées, des sorties et des validations. Ce journal permet de comprendre une erreur, d’améliorer le workflow et d’identifier les corrections qui reviennent souvent.

Les garde-fous les plus utiles sont généralement simples : lecture seule par défaut, liste limitée d’outils, sources obligatoires, budget ou durée maximale, environnement de test et validation avant toute action externe.

Du prompt au processus de travail

La progression la plus saine se fait en trois temps. D’abord, confiez à Hermes une mission précise et contrôlez son livrable. Ensuite, transformez la bonne méthode en workflow réutilisable. Enfin, connectez ce workflow aux outils de l’entreprise avec des permissions limitées et des validations claires.

L’agentique ne consiste pas à retirer l’humain du processus. Il s’agit de mieux répartir le travail : l’agent recherche, prépare et exécute ce qui peut l’être ; la personne fixe le cadre, arbitre les situations sensibles et assume la décision finale.

Le bon premier agent n’est donc pas celui qui fait tout seul. C’est celui dont vous comprenez la mission, les outils, les limites et le résultat.

Sources & prolongements

Hermes Agent — documentation officielle ↗Hermes Agent — guide de démarrage ↗Hermes Agent — outils intégrés ↗Hermes Agent — intégration MCP ↗Hermes Agent — guide pratique MCP ↗Hermes Agent — système de skills ↗Hermes Agent — automatisations planifiées ↗

Texte préparé avec l’aide de l’IA. Les références permettent de retrouver les éléments factuels ; les exemples et les pistes de travail sont des propositions éditoriales.

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